Écologie

Découvrez les 9 limites planétaires

Par nielsg , le 9 décembre 2022 , mis à jour le 24 janvier 2023 , 3 commentaires - 7 minutes de lecture
La planète bleue, le vaisseau spatial sur lequel nous habitons qui connait des limites planétaires

Les limites planétaires, un concept qui vient aider la compréhension de l’impact de l’ère anthropocène sur le monde du vivant.

Le concept de limite planétaire :

Les limites planétaires désignent les limites au-delà desquelles un système planétaire ne peut plus être considéré comme viable strico sensu. Elles ont été pensées par des chercheurs du Stockholm Resilience Center en 1992 comme étant un moyen de mesurer l’impact des activités humaines sur la Terre et de déterminer jusqu’où cette activité peut aller avant de mettre en danger la stabilité et la résilience de la planète.

 

Étude complète : Planetary boundaries: Guiding human development on a changing planet

Quelles sont ces limites planétaires ?

Les résultats de l’Institut ont démontré que cette stabilité dépendait 9 processus biophysiques.

Schéma des limites planétaires

 

Source : « Azote for Stockholm Resilience Centre, based on analysis in Wang-Erlandsson et al 2022 ».

Licenced under CC BY-NC-ND 3.0

Explication du schéma : Vous pouvez constater que le cercle est divisé en 9 parties, celles-ci correspondent aux différentes limites planétaires identifiées. Le cercle en pointillé représente les limites planétaires quantifiées à ne pas dépasser pour rester dans un espace viable.

 

1. Le dérèglement climatique

Une des limites planétaires la plus concrète à laquelle tout le monde peut constater des effets plus que concrets. Par exemple, les canicules à répétition (cumulé avec l’épidémie de Covid) ont provoqué un excès de mortalité estimé à 10 000 décès, selon l’agence Santé publique France dans le bilan « Canicule et santé ».
Le seuil de cette limite se mesure en fonction de la concentration de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère, cette concentration doit se situer entre 350 ppm (parties par million) et 450 ppm. Conserver cette limite implique de lutter contre le réchauffement climatique et de s’attaquer aux causes du changement.
Très souvent lié à l’effet de serre et dépendant de l’émission des gaz à effets de serres, les pays doivent faire attention a leurs émissions : trouvez ici un Top 10 des pays les plus émetteurs de carbone.

2. L’introduction de nouvelles entités dans la biosphère

L’insertion d’entités artificielles comprend toutes les substances chimiques rejetées dans l’environnement (solvants, OGM, nanoparticules, métaux lourds…). À titre d’exemple, nous ingérons en moyenne une carte de crédit de plastique par semaine. Cependant, aucune mesure globale pour quantifier les limites planétaires n’ont pu être effectuées du fait de la complexité de connaitre tous les effets de ces nouveaux produits sur l’environnement. En revanche, les chercheurs alertent sur la quantité de substance chimique produite et rejetée, soit 500 millions de tonnes par an.

3. Diminution de la couche d’ozone stratosphérique

L’impact des CFC (chlorofluorocarbures) sur la couche d’ozone est le principal facteur du dépassement des limites planétaires, sa concentration étant beaucoup élevé et concentré dans les pôles, ces GES sont les responsables du « trou de la couche d’ozone ». Cette limite planétaire est redevenue normale suite à une coordination internationale sur l’interdiction de ces gaz. Pour les scientifiques, la concentration doit rester inférieure à 5%.

4. Augmentation des aérosols dans l’atmosphère

L’émission de ces particules issues de la combustion des énergies fossiles perturbent le système climatique, la santé humaine et les limites planétaires. Certains endroits de la planète atteignent des pics de pollution toujours plus élevés. Aucune mesure n’est disponible, car il y a beaucoup trop de variation entre les régions pour pouvoir considérer un standard. En revanche, la récurrence des « Airpocalypse » en Chine nous illustre bien à quel point les limites planétaires sont probablement dépassées.

5. Acidification de l’océan

L’océan est le meilleur puits de carbone, or plus il capte de carbone, plus sa concentration augmente et acidifie l’océan. Cette limite planétaire a été fixé à 80% de saturation en aragonite (minéral qui se calcifie en captant le carbone).

6. Flux biochimiques (phosphore et azote)

Ces déséquilibres viennent essentiellement de l’utilisation massive d’engrais enrichis en phosphore et/ou en azote, ce qui perturbe les équilibres et dépasse largement la limite planétaire.

Le phosphore

L’utilisation en masse de cet élément se heurtent à deux limites. Tout d’abord, l’extraction se fait à partir de roches phosphatées qui sont rares, puis la plupart du phosphore est perdu dans la nature et se disperse un peu partout.

L’azote

La concentration trop élevée entraine une eutrophisation des milieux. On peut constater le dépassement de cette limites planétaires en Bretagne avec la prolifération des algues vertes toxiques.

 

Le seuil de tolérance pour ne pas dépasser la limite planétaire est normalement situé à 11 Tg P yr-1 global pour le phosphore (aujourd’hui à 22 Tg P yr-1) et à 62 Tg N yr-1 pour l’azote (aujourd’hui à 150 Tg N yr-1).

7. Cycle de l’eau douce (verte et bleue)

La  recherche sur cette partie en collaboration avec l’Institut Potsdam publié dans la revue Nature a révélé que cette limite a été franchie avec la prise en compte du cycle de l’eau verte.
De manière générale, cette limite planétaire s’intéresse à la perturbation du cycle de l’eau.

L’eau verte :

Ensemble des précipitations qui sont absorbées par les végétaux. Les scientifiques analysent ici l’humidité de la biosphère et l’évaporation des terres.

L’eau bleue :

Ensemble des précipitations qui s’écoulent du ciel à la mer, dans les mesures, les scientifiques comptent les prélèvements dans les lacs et nappes phréatiques. Le critère de limite est situé dans la globalité à une consommation de 4 000 Km3 yr-1 (aujourd’hui aux environs de 2600)

8. Changement d’utilisation des sols

Cet indicateur de limites planétaires comptabilise les changements d’environnement de bases, par exemple l’artificialisation des sols pour la construction d’habitations. L’indicateur choisi présuppose de conserver un taux de 75% de couvert forestier. Ce biome est très important pour la préservation de la biodiversité et a un effet très important sur les limites planétaires. Aujourd’hui, le taux d’érosion des sols est estimé à 62%.

9. Érosion de la biodiversité (diversité génétique et diversité fonctionnelle)

Cet élément des limites planétaires met en exergue le niveau de détérioration des écosystèmes. Au sein de cette catégorie, on retrouve l’importance de la diversité génétique. Le seuil est fixé à 10 espèces par an pour 1 million détruites, or, nous sommes aujourd’hui 10o à 1000 fois supérieur à cette limite. Les rapports de l’IPBES sur la biodiversité ou encore le rapport planète vivante 2022 de WWF constatent de ces chiffres accablants.

 


Vous l’aurez compris, les limites planétaires s’inscrivent dans une logique systémique ou tout est interconnecté.  Le schéma ci-dessous permet de vous rendre compte des interactions (connues) et l’interdépendance entre toutes ces limites planétaires.

Et pour sauver la planète : faites du vélo.

interactions des limites planétaires

Source : Ex naturae : tour d’horizon des limites planétaires

N’oubliez pas de diversifier vaut sources sur ce concept de limites planétaires, vous trouverez ci-dessous des articles et les sources ou vous pouvez vous référer :

Reporterre : Tout comprendre aux limites planétaires

Science : Planetary boundaries: Guiding human development on a changing planet

Stockholm Resilience Center : Planet boundaries

Ex Naturae : Tour d’horizon des limites planétaires

 

nielsg

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